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siége, faveur que l'on n'accorde jamais que pour des raisons graves et légitimes. Puisqu'il en est ainsi, vous comprendrez sans doute

que vous vous rendriez coupable de témérité et d'une très grande faute, si vous vous démettiez de vos fonctions, pour ouvrir à un autre une entrée que l'église lui a fermée;, vous comprendrez que toute délégation de ce genre, faite par le chapitre, non seulement est blåmable, mais encore qu'elle serait nulle et invalide: comme aussi, pour plus grande précaution, autant que besoin soit, nous la déclarons aujourd'hui et pour lors nulle et invalide, en vertu de notre autorité; parcequ'en cela on attenterait aux plus saintes loix de l'église et à sa discipline or. dinaire, et que ce serait tendre évidemment à obscurcir et détruire les principes de la mission légitime, à mépriser et anéantir l'autorité du siége apostolique.

Voilà ce que nous avons cru devoir vous écrire en peu de mots, uniquement parceque vous vous avez demandé notre sentiment, et non point que nous soupçonnions que rien de semblable pût arriver, soit de votre part, ou de celle du chapitre métropolitain de Florence, soit de la part de notre véné. rable frère l'évèque de Nancy. Nous avons de vous une si haute idée, que non seulement nous ne craignons pas que vous méprisiez les réglemens des SS. canons, inais au contraire nous sommes très-persuadés, que vous serez toujours prêts à les observer, à les faire connaître et à les défendre malgré les menaces et la flatterie.

C'est pourquoi, en notre nom et par notre ordre, vous ferez part de celte déclaration de nos sentimens à nos chers fils les dignitaires et les chanoines de l'église inétropolitaine de Florence; et nous vous donnons à tous, du fond de notre coeur, notre bénédiction apostolique.

Donné à Savone, le 2 décembre 1810, la onzième année de notre pontificat,

Pie VII, Pape.

8.

Lettre adressée de Rome par M. l'évêque d'Orthosia.
A M. l'Archevêque de Rheims.

8. mars 1815. Monseigneur, Je n'ai reçu la lettre, dont votre excellence m'a honoré, du 29 janvier, que le 1er. mars, et encore par hasard, car le roi de Sardaigne arrète les courriers de France, je ne sais sous quel prétexte, depuis six semaines, et nous étions dans une véritable peine d'être si longtemps sans lettres de France.

Vos lettres, monseigneur, sont pour moi une véritable satisfaction, car je n'en ai pas d'ailleurs. Nous attendons, avec impatience, réponse à la note que vous a portée M. le comte Jules de Polignac; pour moi, je crois qu'elle est facile à faire, car je suis invariable dans ma façon de penser; et je crois même qu'il n'y a que l'avis que j'ai eu l'honneur de vous manifester qui puisse arrèter un schisme tant à craindre; car personne n'a plus le 'mot à dire, en regardant comme non avenu le concordat de 1801, et rétablissant l'ancienne circonscription des diocèses. Il a échappé à M. de Sambucy de me dire qu'il vous avait donné le conseil de demander le nombre des évêques que le roi désire, et qu'on envoyåt en même temps la nomination des sujets destinés à remplir les siéges que vous aurez conservés; je lui ai répondu net qu'il avait donné un mauvais avis: car, si vous demandez seulement un certain nom, bre d'évèchés, ce sera abandonner le principe, et ce sera une nouvelle création d'évêchés: l'ancien clergé de France, si illustre, si distingué, ne peut pas être sujet à de pareilles vicissi. tudes; et, si vous envoyez les sujets avant la bulle, on se permettra des réflexions sur lesdits sujets; on ira jusqu'à dire qu'on supplie le roi qu'il en nomme d'autres, si quelques-uns ne plaisent pas. On veut toujours s'éloigner du point de la question; il ne s'agit pas de créer, il ne s'agit pas d'innover, il s'agit de rendre à l'Eglise de France son lustre; il s'agit que le roi conserve les roi

Rétablir les anciens diocèses dans leurs limites, c'est reconnaître le principe

de sa

couronne.

се

qu'ils n'ont dû jamais être détruits. Quand la bulle sera rendue, c'est alors que le roi verra, dans sa haute sagesse, qu'il y a à faire; c'est alors que S. M. daignera interroger le clergé de France, pour voir s'il est expedient de réunir quelques évêchés pour le bien de l'Eglise de France, comme plusieurs fois on a voulu le faire pour Grassé, Vence et Sénez,

Votre excellence présentera ensuite, dans la forme accoutumée, à S. M., les sujets dignes d'être évèques, ce qui demanle plus mûres réflexions, et ensuite on se présentera au pape dans les formes canoniques et usitées en France depuis François Jer. L'ayis que M. de Sambucy avoue avoir donné, d'envoyer au pape la liste des sujets nommés avant la concession de la bulle, prouve évidemment à votre excellence qu'il s'est laissé influencer par les personnes qu'il voit ici, puisque c'est exactement ce qu'on a demandé au roi dans la note communiquée à votre excellence par le nonce du pape, en date du 16 septembre 1814, et dont vous avez bien voulu me donner copie. Je vous supplie, monseigneur, de vous en faire donner une seconde lecture; il y est dit: Sa Sainteté n'a pas lieu de douter que le roi se fera un plaisir de lui notifier confidentiellement les personnes qu'il a intention de nommer; innovation qui compromettrait les droits du roi; et comment M. de Sambucy a-t-il pu se prêter à vous donner un pareil avis ? Dans la dernière note, vous ne devez vous arrêter qu'à un seul article, celui où il est dit que Sa Sainteté consent à rétablir l'Eglise de France, et tous les évêchés que le roi jugera à propos de demander. Eh bien! que le roi daigne dire : Je les demande tou s. J'ai entendu parler sur le bref, à l'évêque de Bàle: Ils vou, draient l'anéantir, s'ils le pouvaient. Et une per sonne en place m'a assuré que monseigneur Testa, secrétaire a latinis, qui l'a rédigé, pourrait bien être disgracié.

Vous avez bien raison de dire que les raisons qu'on donne pour ne pas l'étendre à toute l'Eglise de France, sont bien sutiles. Enfin il existe; s'il existe pour une Eglise, il existe pour toutes les autres; si on élait inébranlable sur le projet que j'avais indiqué, et dans lequel je persiste, on obtiendrait: avec

cette cour, il faut avoir de la ténacité, de la fermeté; on n'a jamais mis en avant une chose qui les ferait trembler: C'est que le concordat de 1801, ayant été fait sans le roi, il ne peut le lier en aucune manière; car pour qu’un acte lie, il faut qu'il ait été consenti par toutes les parties intéressées. Et le roi était furieusement intéressé à ce que son ancienne Eglise, si renommée, si belle, si illustre, ne fût pas bouleversée; le roi a beau jeu de s'en tenir à son avis; son droit est incontestable. Des trois commissaires qu'on nous a laissés, il n'y a que Fontana d'éclairé, mais il est de mauvaise foi; pourquoi l'ambassadeur ne dit-il pas à ce pape: Votre Sainteté m'a envoyé son pro-secrétaire d'état, pour me dire qu'elle traiterait avec moi ou avec le cardinal Pacca; d'après cela, je ne reconnais plus la commission; que Votre Sainteté la consulte si elle veut, mais nous

ne la reconnaîtrons plus pour organe, mais seulement le cardinal pro-secrétaire d'état à qui Votre Sainteté a donné ordre de traiter avec nous, et dans le plus bref délai,

Oui, on dit ici en effet que Consalvi veut tout finir, et qu'il insinue des difficultés pour avoir le temps d'arriver.

Le pape a accordé tout au dernier gouvernement, et tout ce qu'il a demandé, parce qu'il a dit, je veux, et a été invariable dans ses demandes.

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Nous avons négocié, voilà notre tort; il fallait dire au pape: Je ne veux que le concordat fait avec ancêtres et vos prédécesseurs, et je n'en veux pas d'autres; je n'en reconnais pas d'autres, ou il n'y en aura point comme auparavant; et je vais as sembler le clergé de mon royaume pour aviser aux moyens à prendre.

Une pareille détermination ferme les aurait fait trembler; ils seraient à vos genoux, et vous êtes aux leurs ; car ils vous disent : Demandez, l'on vous donnera. Qui est offensé, ici? c'est le roi.

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Je connais cette cour, je connais les Romains; il faut parler ainsi; mais, plusieurs me l'ont dit, vous ne finissez rien, parce que vous ne voulez pas, vous ne demandez pas avec énergie. Voilà ce que des gens bien pensant m'ont dit: Oui, monseigneur. L'insouciance, l'irréligion ont gagné ce pays-ci; on ne pense qu'au temporel.' Et les Italiens qui ont été en France, avouent que le bon' Dieu y est mieux servi qu'ici, où il y a une grande dissolution de moeurs. Croiriez - Vous que,

dans le carème, il n'y a que les mercredi, jeudi et samedi saints de maigre, et que les vendre dis et samedis ordinaires on apprête tout au saindoux et au lard, sous le prétexte que l'huile est chère! Il est vrai qu'on est mécontent ici; on a crié l'autre jour au pape, sortant d'une église, et donnant sa bénédiction à l'ordinaire: Raziouni, non benedizioni, du manger et non des bénédictions, et en secouant leurs bras en l'air.

en

Votre excellence a bien raison de dire que la France a toujours été la première à venir au secours du pape, et même à présent c'est la plus fidèle. Voyez ce qui se fait en Allemagne, où la religion catholique n'a pas le plus petit privilége plus que les autres, même les Juifs, à qui on va donner la qualité de citoyen. En Espagne, un envoyé du pape,

nommé monseigneur Nazali, et trois religieux qui allaient dans ce royaume pour des affaires ecclésiastiques, mais dans le fond pour se mêler de l'intérieur de la discipline de cette Eglise, ont été renvoyés de Barcelone, et sont de retour. Je suis désolé monseigneur, de vous savoir si souffrant, et je conçois que notre incertitude, que la difficulté d'opérer le bien augmente vos souffrances.

J'ai été profondement affligé, monseigneur, de voir que, dans tout le royaume et même à l'étranger, on ait solennisé. d'une manière si imposante l'affreux 21 janvier, qui réveille les souvenirs les plus amers, et

nous n'ayons rien fait ici. J'en ai eu l'idée; mais, comme la personne en question, l'am

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