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trailer pour dissiper les nuages dont quelques- trième, j'établis en général que ce sont les uns d'entre eux cherchent à l'obscurcir, pour évêques seuls, el non les évêques conjointe prouver que la supériorité de l'épiscopat re- ment avec les prêtres, que J.-C. a chargés de monte à l'institucion divine, et qu'elle a été régir l'Eglise universelle et les diocèses, et je connue des temps apostoliques. L'éclaircisse- montre quelle part ont les prétres dans ce goument de diverses difficuliés relatives à ces vernement. C'est dans les conciles que les temps n'est pas inutile à la discussion de notre évêques régissent l'Eglise, et c'est par les question principale. J'emploie les deux disser- synodes qu'on prétend les obliger à gouverner ialions suivantes à l'examen de deux proposi- leurs diocèses en commun avec les prélres. Les tions appuyées sur de très-graves autorités, et conciles, soit généraux, soit provinciaux, et dont nos adversaires font le principal fonde- les synodes diocésains feront, en conséquence, mens de leur système. L'une est que les curés sont les objets des cinquième et sixième disseriations, d'institution divine ; l'autre, que les curés ou ou je discuterai quelle est, dans ces assemblées même tous les prêtres sont les successeurs des ecclésiastiques, l'autorité des évêques, quelle y 72 disciples choisis par N.-S. J.-C. Ces deux est la fonction des prêtres. Telle est la division principes pourraient être véritables, sans que de cei ouvrage. Je m'efforcerai d'éclaircir les noires en fussent altérés, et dans le fait, tout ce que ceux qui oni intérêt d cacher la les auteurs très-respectables qui ont enseigne vérité se sont efforcés d'embrouiller ; et pour et qui soutiennent encore ces propositions, cela je commencerai chaque dissertation par rejelteni et condamnent formellement le daně poser nettement l'état de la question que j'y gereux système du gouvernement en commun, Traiterai, et par fixer la signification des exMais comme les défenseurs de ce système abusent pressions que j'emploierai. La confusion des continuellement de ces assertions, il m'a paru idées et l'ambiguité

des termes sont des sources ulile de les combattre directement, et de mon- fécondes d'erreur. Quand la question n'est pas Irer que les principes dont ils partenl ne sont bien clairement déterminée, il arrive souvent pas plus vrais que les conséquences qu'ils en que les raisonnements que l'on fait y sont tirent ne sont justes. J'éclaircirai donc, dans étrangers et ne portent pas sur l'objet que l'on la seconde dissertation, ce qui dans les pas- traite, et prouvent ce qui n'est point contesté; teurs du second ordre est d'institution divine, et c'est ce qu'on aura plusieurs fois occasion et ce qui leur a été donné par l'Eglise. Il en de remarquer dans les écrits que nous conrésuliera que la proposition : Les curés sont battons. Je conjure celui dont l'intérêt seul de droit divin, prise en elle-même et dans son m'a mis la plume d la main de bénir cet ousens naturel, est fausse. Dans la troisième, je trage entrepris pour la défense de son Eglise, montrerai aussi que l'opinion qui fait succe- de soutenir mes efforts, d'écarter de moi toute der, soit les préires, soit les curés aux 72 dis- erreur, de me préserver de toute aigreur, de ciples, est destituée de fondement et contraire toute personnalité, si indignes d'un défenseur aux monuments primitifs. Dans la quatrième de la vérité, et de faire servir ce travail que je dissertation et dans les deux suivantes, j'exa- lui offre au rétablissement de la catholicite, a mine positivement et directement la question l'extirpation du schisme, el au maintien de sa du gouvernement en commun. Dans la qua- sainte religion.

PREMIÈRE DISSERTATION.

SUR LA SUPÉRIORITÉ DES ÉVÊQUES A L'ÉGARD DES PRÊTRES.

CHAPITRE PREMIER.

supérieur à la prêtrise ? lui est-il supérieur

de droit divin , ou seulement de droit eccléExposition de la question.

siastique ? La première partie peut encore

se subdiviser et présenter trois questions à 1. J'entreprends, dans cette dissertation, agiter : 1' l'épiscopat est-il différent de la d'établir que les évêques ont de droit divin prêtrise ? Aérius , au quatrième siècle, l'a sur les prêtres une supériorité et une juri- nie; Wiclef, au quinzième, a suivi Aérias ; diction. Mon objet n'est pas encore d'exami- Calvin et ses seciateurs ont renouvelé leurs ner en quoi consiste celle supériorité, sur erreurs. 2° En admettant la distinction de quels points porte celle juridiction. Je trai- ces deux ordres, l'épiscopat est-il supérieur à lerai ces objets dans les dissertalions sui- la prélrise en honneur et en dignité? 3. L'épivantes. Je me borne ici uniquement à prou- scopat a-t-il sur la prêtrise juridiction et ver qu'elles existent et qu'elles ont été autorité ? institóées par J.-C. C'est la question géné- III. Ces trois queslions présentent des rale que j'examine. Je passerai ensuite idées distinctes , et pourraient se traiter sé aos diverses questions particulières qui la parément; cependant elles peuvent aussi se suivent.

réunir et être traitées ensemble , et c'est co II. Considérée dans sa généralité, celte que je vais faire. Nos modernes presbyléquestion a deux parties. L'épiscopat est-il riens, que je me propose spécialement de

combattre, rejeltent le système d'Aérius et réservée, de tout temps, exclusivement aux de Calvin ; ils reconnaissent la distinction de évêques. Dès que leur supériorité de droit l'épiscopat et de la prêtrise. Ainsi il est divin, soit d'ordre, soit de juridiclion , est inutile de s'attacher spécialement à prouver contestée par quelques-uns des presbytécelle vérité. Par la même raison, il paraitrait riens modernes, il est indispensable de l'étapeu nécessaire de s'arrêter à établir, parlicu- blir: et c'est ce que je vais faire dans cette jièrement que l'épiscopal est supérieur en dissertation. dignité à la prêtrise. Ils conviennent assez

CHAPITRE II. de celle vérité, mais quelques-uns d'entre eux s'efforcent de l'atténuer, en prétendant Exposition de la doctrine catholique d'après

le concile de Trente. que, dans les premiers temps, toutes les fonctions, même l'ordination, étaient com- 1. Je commence celle discussion par l'examunes aux évêqnes et aux prêtres. Il en est men du concile de Trente, parce que nous de même de la troisièıne question, c'est-à- trouvons dans ses décrels ce que nous dedire de l'autorité spirituelle que les évêques vons croire sur celle malière. En fixant poont sur les prêtres. Nos adversaires veulent sitivement la doctrine de l'Eglise, en posant bien encore l'admettre en thèse générale, les bornes du dogme et de l'opinion, en dismais en la reconnaissant dans le droit , ils tinguant ce qui est défini de ce qui est scul'anéantissent dans le fait; ils en contestent lement enseigné, nous éclaircissons davanplusieurs branches, et prétendent soumettre tage la question que nous traitons. Notre les évêques à n'exercer ce qu'ils leur en controverse étant contre des théologiens calaissent qu'avec le concours des prêtres; ce tholiques, ils doivent reconnaitre l'autorité qui réduit effectivement à rien citte juri- du dernier concile général; ainsi je pars diction, et met les évêques dans la dépen- de ses décisions comme de points convenus dance du collége des prêtres , beaucoup plus entre nous; d'ailleurs Travers lui-même cile que les prêtres dans celle des évêques. Il est les décrets de ce concile et prétend en apdonc important de prouver l'existence de la

puyer son système : nous avons le même juridiction épiscopale sur les prêtres. C'est droit de les examiner et de marquer préciun préalable nécessaire à ce que nous au- sément ce qu'ils décident et ce qu'ils anrons à dire ensuite sur les diverses branches

noncent. Commençons par rapporter les et sur l'exercice plein et libre, conforme décrets que Travers cite, nous verrons encependant aux règles canoniques, de celle

suile ce qu'on doit en conclure. juridiction dans les évêques. "Nous allons

11. Sacrificium et sacerdotium ita Dei ordonc nous occuper de prouver conjointe- dinatione conjuncta sunt , ut utrumque in ment la double supériorité des évêques sur

omni lege extiterit. Cum igitur in Novo Testales prêtres, supériorité d'honneur et supé

mento sanctum eucharistiæ sacrificium visibile riorité de juridiction. Nous ferons marcher ex Domini institutione catholica Ecclesia aodu même pas les autorités qui 'établissent ceperit, fateri etiam oportet in ea novum esse, que les évêques sont, et supérieurs aux pré- visibile et externum sacerdotium in quod velus tres, et les supérieurs des prêtres. En mon

translatum est : hoc autem ab eodem Domino trant la prééminence ct la juridiction de Salvatore nostro institutum esse, atque apol'épiscopal sur le sacerdoce, nous aurons stolis eorumque successoribus in sacerdotio clairement prouvé que ces deux ordres sont potestatem traditam consecrandi, offerendi , différents (i). La seconde partie de notre ministrandi corpus Christi et sanguinem ejus, question, c'est-à-dire si c'est de droit divin

necnon et peccata dimittendi et retinendi ou seulement de droit ecclésiastique que les sacræ litteræe ostendunt, et catholicæ Ecclesice évêques sont au-dessus des prêtres, divise

traditio semper docuit (1). nos adversaires. L'auteur du livre intitulé :

Sacrosancia synodus declarat præter ceLes pouvirs légitimes du premier et du second teros ecclesiasticos gradus, episcopos qui in ordre, M. Travers, parait croire, quoiqu'il apostolorum locum successerunt , ad' hunc n'ose pas formellement l'enseigner, que, hierarchicum ordinem præcipue pertinere, et dans les premiers temps, le nom et le pou- posilos , sicut idem apostolus ait, a Spiritu voir étaient communs entr.: les évêques et

sancto regere Ecclesiam Dei, eosque presbyles prêtres ; qu'ils exerçaient tous les mêmes

teris superiores esse, ac sacramentum confirfonctions, el que ce n'était alors qu'un seul

mationis conferre, ministros Ecclesiæ ordiordre. M. Maullrot, ancien ct célèbre avocat

nare, atque alia plerumque peragere ipsos du parlemeni de Paris , beaucoup plus in

posse, quarum functionum potestatem reliqui strail, plus modéré, et par là même plus inferioris ordinis nullam habent (2). dangereux , reconnait que les évêques ont

Si quis dixerit in Ecclesia catholica non de droit divin one supériorité sur les pré

esse hierarchiam divina ordinatione institutres , el que l'ordination est une fonction

tam, quæ constat ex episcopis, presbyteris et (1) En employant celle expression, que ces deux

minisiris, anathema sit (3). ordres sont differents, inon intentiou n'est pas d'ell- Si quis dixerit episcopos non esse presbyIrer dans la question, si l'épiscopat est un sacrement leris superiores, vel non habere potestatem distinct de la prêtrise, ou seulement une plus ample confirmandi, et ordinandi , vel eam quam haplénitude du même sacrement. J'abandonne à l'école ces dispulcs, et je me contente de dire que l'épisco- (1) Conc. Tridentinum, sess. XXIII, de Sacram. 21 pat diffère es-entiellement de la prêtrise, et que ces

dinis, cap. 1. deux choses forment dans l'Eglise deux classes ou (2) Ihid , cap. 4. deux ordres d'ecclésiastiques.

(3) Ibid., sess. ISIII, can. 6.

bent illis esse cum presbyteris communem, soutiendrait celle erreur. Lors donc que, peu anathema sit (1).

auparavant et dans la même session, le conUI Sur le premier de ces passages, Tra- cile disait que ceux de l'ordre inférieur n'avers observe que le pouvoir dont il s'agit vaient pas sur les fonctions dont il s'agit le est passé des apôtres à leurs sucoesseurs dans même pouvoir que les évêques, il est clair le sacerdoce : Le concile ne dit pas : DANS qu'il entendait par là les prêtres, et qu'il les L'APOSTOLAT, DANS L'ÉPISCOPAT, mais DANS excluait, avec tous les autres clercs, de ces 1.E SACERDOCE , afin de comprendre sous cette fonctions. espression les évêques et les prêtres, et les Après avoir écarté les chicanes de M. Tramettre de pair à cet égard (2). Cette réflexion vers sur les textes du concile, examinons ce est étrangère à notre question. Le concilc, qu'enseigne cette sainte assemblée sur la madans ce passage, ne parle que de deux pou- tière qui nous occupe. voirs, celui de célébrer le saint sacrifice, et V. D'abord il est certain qu'elle prononce celui de remettre les péchés. Nous recon- dogmatiquement, comme article de foi, que naissons que les prêtres sont ministres or- les évêques sont supérieurs aux prêtres, et dinaires de l'eucharistie et de la pénitencc. qu'ils ont des fonclions propres que les préAinsi, c'était comme prêtres et non comme tres ne partagent pas avec eux. La définition évèques que les apôtres étaient revêtus de du concile est tellement claire, qu'elle ne laisse ces pouvoirs : leurs successeurs dans le sa- aucun doute; et je suis d'autani plus dispensé cerdoce ont dû en hériter; mais cela n'em- de prouver cette vérité, que Travers lui-même pêche pas que les apôtres n'aient reçu de la reconnait. Mais, selon lui, le concile ne J.-C. d'autres pouvoirs dont ils ont été in- décide pas que celle supériorité soit de droit vestis en qualité d'évêques, et qui n'ont divin. Ce n'est pas là, dit-il, décider que de passé qu'à leurs successeurs dans l'épisco- droit divin les prêtres sont d'un sacerdoce inpat, tel qu'est le pouvoir de l'ordination. I férieur:c'est donc la question que nous avons ue serait pas juste d'argumenter d'un pouvoir à examiner, et j'observe qu'elle en présente common aux deux ordres, pour soutenir deux; car, dans le second des passages que quelous les pouvoirs sont communs entre eux. nous avons rapportés, le concile enseigne la

IV. Le même auteur, sur le second passage supériorité des évêques sur les prêtres, et dans que nous avons rapporté, fail une autre ob- la quatrième il en fait un article de foi, en pruservation : Le concile parlant des fonctions nonçant anathème à ceux qui diraient le conépiscopales, ne dit point aussi : DONT LES AU- traire. On peut de même demander d'abord TRES PRÊTRES, mais, dans le sens de saint Tho- si le concile enseigne que la supériorité qu'il mas : DONT LES AUTRES D'UN ORDRE INFÉRIEUR, attribue aux évêques sur les prêtres est de c'est-d-direqui ne sont pas prélres, ALIQUIS NON droit divin, et ensuite s'il érige cet enseigneSACERDOS, n'ont pas la puissance, parce qu'il ment en dugme, et s'il oblige les fidèles de le n'est pas constant entre les théologiens que les croire sous peine d'hérésie. Il me semble, prétres, quant au sacerdoce, soient d'un ordre d'après les expressions du concile, qu'il eninférieur aux évêques. Ils conviennent au con- seigne clairement que la supériorité de l'éIraire que c'est le même sacerdoce. Mais il n'en piscopat sur la préirise est de droit divin ; est pas ainsi des diacres et des sous-diacres, etc.; mais que cependant il est impossible de préils sont d'un ordre inférieur auquel il est tendre qu'il le définisse comme article de foi. certain que l'Eglise n'a jamais commis les VI. En premier lieu, en examinant les pasfonctions du sacerdoce ou de l'ordre supérieur, sages de la vingt-troisième session que j'ai le même dans les évêques et les prétres (3). rapportés, on voit clairement que le concile Ceile assertion manque absolument de jus- regardait la supériorité des évêques sur les desse. Le concile, dans ce passage, oppose les prêtres comme prenant sa source dans l'inéréques aux prêtres, et établit positivement stilution divine. Dans le chapitre IV, il lie enleur supériorité sur eux. Il montre celle su- semble ces deux propositions, que les évêpériorité dans les fonctions réservées aux ques, selon l'expression de l'Apôtre, sont évêques et interdites à ceux d'un ordre infó- établis par l'Esprit-Sainl pour gouverner l'Erieur : il est donc clair qu'il parle de l'ordre glise de Dieu, et qu'ils sont supérieurs aux juférieur aux évêques, et non de l'ordre prêtres : il fonde donc la supériorité des évê-inférieur aux prêtres, el que les prêtres sont ques sur le texte sacré ; il la fait découler du compris dans cette expression, comme les pouvoir qu'ils ont reçu de l'Esprit-Saint luiautres ecclésiastiques. Mais s'il était quel. inême de régir l'Eglise , et, par conséquent, qu'un qui ne fût pas frappé de l'évidence de il dit assez positivement qu'elle est de droit notre raisonnement et à qui il restât quelque divin. Dans le sixième canon, le concile étadoute sur le sens de l'expression inferioris blit en dogme l'existence d'une hiérarchie ordinis, ce doule serait levé par le quatrième instituée par l'ordination divine, composée passage que nous avons rapporté. Dans ce d'évêques, de prêtres et de ministres; et dans canon, le concile parle des mêmes pouvoirs le septième canon , immédiatement après, il de confirmer et d'ordonner : or il y prononce prononce de même, comme article de foi, que textuellement que ces pouvoirs ne sont pas les évéques sont supérieurs aux prêtres. Le communs aux évêques et aux prêtres; il pro- mot ordinatione divina n'est pas absolument nonce même anaihème contre quiconque synonyme du mot jure divino; mais il en ap(1) Conc. trident., sess. XXI, can. 7.

proche beaucoup. La hiérarchie, c'est-à-dire 2) Les Pouvoirs légitimes, 5e part., § 12, p. 580.

l'ordre et la gradation des ministres, cst, se(3) Ibid.

lon le concile, instituce par l'ordination dis

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vine : il en résulle que c'est l'ordination di- avec les assertions des errants, qu'on doit vine qui a gradué ces ministres, qui a placé chercher les définitions dogmatiques. Une les uns au-dessus des autres. Les évêques définition de concile, qui élablit un article étant au-dessus des prêtres, c'est donc l'ordi- de foi, doit élre nette et précise. Un concile nation divine qui les y a placés. Le concile ne peut favoriser une opinion, ou même l'énondit pas textuellement qu'ils y sont d'instilu- cer, sans pour cela l'ériger en dogme. Ce tion divine ; mais c'est la conséquence natu- n'est pas ce qu'il dit, c'est ce qu'il définit, relle et nécessaire de ce qu'il dit.

qui est article de foi. A la vérité une docVII. En second lieu, il ne me parait cepen- trine appuyée du suffrage d'une si respectadant pas que le concile ait assez nettement dé- ble assemblée acquiert un très-grand poids : fini que la supériorité des évêques sur les pré- il est léméraire de la contredire. Mais pour tres est de droit divin, qu'il ait assez formel- qu'elle devienne un des articles de la foi calement condamné l'opinion contraire, pour tholique, il ne suffit pas que le concile l'ait qu'on puisse dire qu'il en a fait un article de adoplée, il faut qu'il ait prononcé qu'elle foi. Il parait même qu'il a voulu expressé- , fait partie de la loi ; qu'il ait ordonné de la ment s'abstenir de prononcer une telle défi- croire, ou, ce qui revient au même, qu'il nition. Le cardinal Pallavicin nous apprend ait dit anathème à celui qui soulient le conque le cardinal de Lorraine avait proposé un traire. Pour donner un exemple qui ne sorte décret portant anathème à quiconque dirait pas de notre question actuelle, il est de foi que les évêques n'ont pas été institués dans que les évêques sont supérieurs aux prêtres, l'Eglise, et que par l'ordination ils ne sont

parce que le concile de Trente a dit anapas supérieurs aux prêtres. Le concile ne ihème à quiconque souliendra qu'ils ne le l'adoptà point. Il y avait des théologiens qui sont pas. Mais il n'est pas également de foi pensaient que les évêques n'étaient supé- qu'ils le soient de droit divin, parce que le rieurs aux prêtres de droit divin, que quant concile ne le prononce pas textuellement. Je au pouvoir d'ordonner, mais que la supé- pense, à la vérité, comme M. Corgne, qu'en riorité de leur juridiction n'émanait pas de examinant et en rapprochant les textes et les l'institution divine. Ils croyaient aussi que décrets du concile, on voit clairement qu'il leur pouvoir de juridiction était conféré aux regardait la supériorité des évêques sur les évêques par le pape, qui avait reçu dans la prêtres, comme étant de droit divin. Il enpersonne de S. Pierre toute la juridiction seigne cette doctrine, mais il ne la définit ecclésiastique, et qui en communiquait aux pas. Il n'ordonne pas de la croire; en un évêques de l'ordre de J.-C. une portion plus mot il ne dit pas en propres termes qu'elle considérable qu'aux prêtres : en sorte que, fait partie de cette foi qu'il faut croire pour selon eux, ce n'était pas précisément de être membre de l'Eglise. D'après les textes droit divin, mais de droit pontifical, que les de ce concile, la doctrine contraire est une évêques étaient supérieurs aux prêtres en juri- fausseté, et non une hérésie. Elle mérile diction (1). Le concile ne jugea pas à propos de d'autres censures : mais je ne pense pas qu'on condamner celle doctrine. Il évita en consé puisse lui appliquer la note d'hérélique. L'auquence de définir comme article de foi que de ire raison donnée par M. Corgne pour soudroitdiyin les évêques sont supérieurs aux prê. tenir que la supériorité des évêques de droit tres, ce qui aurait été bien facile; il aurait divin a été définie par le concile de Trenie, susfi d'ajouter au canon qui définit la supé- et qui consiste à dire que le concile a pour riorité, le mot jure divino.

objet de condamner l'erreur des protestants, VIII. M. Corgne, qui prétend que le con- ne doit pas faire beaucoup d'impression. cile de Trente a défini la supériorité de droit Les calvinistes rejetaient la supériorité de divin des évêques sur les prêtres, et l'a pla- l'épiscopat tellement qu'ils l'anéantissaient cée parmi les articles de foi, convient bien absolument. Ils l'avaient exclu de leur

dessein, et après de longues dis- Eglise; ils le jugeaient contraire à l'institution cussions, que le concile s'est abstenu d'ajou- divine, vicieux dans son origine, dangereux ter à son décret les mols jure divino. Mais dans son exercice, Le concile définit contre il soutient qu'ils y sont en termes équiva- eux, dans le sixième canon que nous avons lents. Il ajoute que l'objet du seplième ca- vu, l'existence de la hiérarchie et de l'épinon que nous avons cité était de condamner scopat; dans le septième, la supériorité des l'erreur des protestants. Or ces hérétiques évêques sur les prêtres. Par là il condamne reconnaissaient bien que les lois ecclésias- leurs erreurs, et justifie l'ordre sacré établi tiques avaient introduit une supériorité du dans l'Eglise, quoiqu'il ne définisse pas prépremier ordre sur le second. Ils niaient seu- cisément l'origine de cet ordre. Jement qu'elle fût d'institution divine ; l'ob- Nous pouvons donner une autre preuve, jet du décret était donc d'établir que c'est de qu'il n'est pas de foi que la supériorité des évêdroit divin que les évêques sont au-dessus ques sur les prêtres soit de droit divin, L'Edes prêtres (2).

glise n'a jamais condamné le sentiment adopté IX. Ce n'est point dans des termes équi- par divers auteurs, d'après S.Jérôme. Ce sysvalents, dans des conséquences clairement ième consiste à dire que dans le commencedéduites de principes, dans des oppositions ment il n'y avait dans l'Eglise que des pré(1) Pallavicin, bist. conc. Trident., lib. XIX, cap. 6.

tres, qui la gouvernaient en commun; que ce (2) Voyez la dissert. de M. Corgne sur cet objet.

ne fut que lorsqu'il commença à s'élever des Delense des droits des évêques, tom. I, pag. 145 el

schismes qu'un des prêtres fut élevé au-desSHIY

sus des autres, et chargé de la sollicitude; en

que c'est

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sorte que c'est plus par l'usage de l'Eglise quo déclarer qu'elle renouvelle une hérésie anpar la disposition de J. C. que les évêques sont cienne. On renouvelle, instaurat, une hérésie, au-dessus des prêtres. Il ne s'agit pas ici de en avançant des propositions qai y ont affi la valeur de ce système; j'aurai occasion de nité et qui renferment les mêmes conséhe discuter ailleurs. Je considère seulement, quences; mais dès que les propositions ne en ce moment, qu'il n'est point condamné sont pas les mêmes, on ne peut pas dire que dans l'Eglise, qu'il est fondé sur l'autorité d'un ce soit la même hérésie; et l'assemblée de des plus grands docteurs, que le droit canon l'a 1700 était trop éclairée pour confondre l'eradopté, et que quelques auteurs l'ont soutenu reur d'Aérius, qui anéantissait toute distincsans être censurés. Il parait inconciliable tion entre l'épiscopal et la prêtrise, et l'eravec le principe que c'est de droit divin reur moderne, qui présentait seulement la que les évêques sont supérieurs aux prêtres. distinction de ces deux ordres, comme n'éS'il n'y a eu pendant un assez long temps tant pas de droit primitif, mais introduite dans l'Eglise que le seul ordre des prêtres, et dans la suite des temps. M. Corgne cite une si c'est l'Eglise qui a formé l'épiscopat en autre censure du clergé de France dans son élevant un des prêtres au-dessus des autres, assemblée de 1606, qui condamne de même comment peut-on dire que J.-C. a institué les plusieurs propositions, et qui, entre autres deux ordres et a établi la supériorité de l'unsur qualifications, leur applique la note d'hérél'autre ? Il y a donc uu sentiment toléré dans tiques. Mais parmi ces propositions, il y en l'Eglise, qui combat le principe dont il s'agit. avait qui tendaient à supprimer toute su1 semble donc impossible de regarder notre périorité des évêques sur les prélres, nondoctrine comme un article de foi qu'on soit seulement de droit divin, mais à quelque titre obligé de croire, sous peine d'être hérétique, que ce fût. Telles sont, entre autres, la seMais, en même temps, il est impossible de conde, que l'ordination des prêtres est comse dissimuler qu'elle est la doctrine du con- mune aux éréques el aux préires; ct la scpcile; que s'il ne la définit pas, il l'enseigne tième, que les prêtres ont une égale puissunce très-clairemenl; que celle autorité est d'un de juridiction, et aussi ancienne que les érés poids extrême dans l'Eglise catholique, et ques. Il est clair que c'est là l'erreur à laque si le système contraire ne mérite pas ab- quelle le concile de Trente a dil anathème, solument la qualificalion d'hérétique, il peut et que l'assemblée de 1606 s'est conformée aux jastement lui être infligé d'autres censures décrets de ce concilc, en la déclarant hérétrès-graves.

tique. Mais si les auteur's censurés, reconX. C'est ce qu'a fait le clergé de France, naissant la supériorité des évêques, s'étaient dans son assemblée de 1700, au sujet de deux contentés de dire qu'elle n'est pas de droit propositions contenues dans une requête du divin, on n'aurait pas qualifié leurs proposichapitre de Chartres à son évêque. La pre- tions d'hérétiques. Pour résumer ce que nous mière portait qu'il n'y avait pas de différence, avons dit et prouvé sur le concile de Trenle : dans les premiers temps de l'Eglise, entre les 1° d'après les canons de ce concile, c'est une évêques et les prêtres, comme il résulte du cha- hérésie de contredire la supériorité des évèpitre XX des Actes des Apôtres. La seconde ques sur les prêtres. 2° Le concile enseigne était : que ce n'a été que par un usage qui assez clairement que celle supériorité est de s'est dans la suite introduit, que l'on a dis- droit divin. 3° Il ne définit cependant pas tingué les prêtres de l'évêque, en établissant qu'il soit de foi qu'elle est de droit divin, et l'un d'entre eux au-dessus d'eux, avec ce nom que ce soit une hérésie de soutenir que les d'évêque. L'assemblée du clergé déclare que évéques sont au-dessus des prêtres, seulement ces deur propositions, qui égalent les pré- de droit ecclésiastique. tres aux évêques et ne les distinguent pres- XI. Ces principes, qui ne favorisent assuque que par leurs seules dénominations, rément pas les presbytériens modernes, sont sont fausses, téméraires, scandaleuses, er- ceux du père Morin, qu'on n'accusera pas ronées, schismatiques; qu'elles renouvel- d'élre contraire aux prétentions du second lent l'hérésie d'Aérius; qu'elles confondent ordre. Ce savant théologien, distinguant les la hiérarchie ecclésiastique instituée par l'or- divers sentiments sur cette malière, place dinalion divine, et qu'elles sont ouvertement au premier rang l'hérésie d'Aérius. Il émet contraires à la tradition apostolique et aux

ensuite l'opinion de ceux qui enseignent décrets du saint concile de Trente (1). On que c'est de droit bumain, et non de droit peut observer ici la sagesse du clergé de divin que l'évêque est au-dessus du prétre, France qui, distinguant ce que le concile a et il altribue celle opinion à une fausse inenseigné de ce qu'il a défini, prononce que lerprétation de S. Jérôme. Enfin le troisième la doctrine qu'il censure est contraire aux sentiment rend les évêques supérieurs aux décrets de ce concile, et cependant ne lui in- prêtres de droit divin. Cette docirine esl seflige pas la note d'hérésie. Car ce n'est pas lon lui enseignée par le concile évidemment, dire qu'une proposition est hérélique que de pas si évidemment cependant qu'on puisse (1) Hæ duæ propositiones que presbyteros episco- C'est une hérésie évidente de nier la supé.

accuser d'hérésie le sentiment contraire. pis equiparant, ac sere solis nominibus ipsus distinguent, falsæ sunt, temerariæ, scandalosa, erronea,

riorité des évêques sur les prélres : mais il schismaticæ; Aerii bæresim instaurant, hierarchiam

n'est pas aussi évident que c'en soit une de ecclesiasticam divina ordinatione institutam confun- dire que celle primauté n'est pas de droit dunt, traditioni apostolicae et sacrosancti concilii divin (1). tridentini decretis palain adversagtur. (Mém. du clergé, lom. I, pag. 709.)

(1) Paucis verbis expediendum est id quod quarla

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