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V

qui m'empêcheraient d'admettre les autres, dans le cas où ces observations ne me paraîtraient pas justes.

» Je ne vuulais pas m'établir juge en dernier ressort de la controverse, comme je l'ai déclaré aux prélats qui m'ont honoré de leur réponse. Mon intention a toujours été de renvoyer et observations et explications à la Congrégation de l'Index, qui peut seule juger si mes corrections seront suffisantes pour qu'elle revienne sur le décret qu'elle a rendu contre mon ouvrage.

» Un des quatre prélats que j'ai consultés ne m'a pas répondu.

» Des trois prélats qui m'ont écrit, un seul a formellement consenti à faire examiner l'Histoire de l'Église de France ; mais il a mis à cet examen une condition que je n'ai pu accepter. J'en ai donne connaissance à Monseigneur Garibaldi, qui pourra en instruire Votre Éminence 1.

» Un autre m'a dit que ses occupations pastorales le mettaient dans l'impossibilité de se charger de l'examen de mon livre. Le troisième enfin m'eût donné des observations si j'avais consenti à les accepter purement et simplement, sans me réserver le droit de me défendre et de présenter à la Congrégation de l'Index mes explications.

» Votre Éminence comprend qu'un écrivain consciencieux, qui n'a émis ses opinions qu'après une étude sérieuse de la matière qu'il a traitée, ne peut en faire si bon marché, malgré le respect qu'il professe pour la dignité épiscopale.

» Je ne puis donc, Monseigneur, obtenir en France ce que votre Éminence m'a conseillé de demander. Je suis, en conséquence, dans l'impossibilité de connaître tout ce que mon ouvrage peut contenir de répréhensible, si la Congrégation de l'Index maintient la résolution qu'elle a prise de ne pas me communiquer le mémoire de son consulteur.

» Au moment où la Congrégation publiait son décret, j'étais occupé à faire à mon ouvrage quelques modifications, pour obéir aux

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1 Désirant donner de la publicité à cette lettre, et en même temps éviter toutes discussions, je ne pouvais parler plus clairement; j'ai donné confidentiellement connaissance de la condition exigée.

conseils d'hommes qui me montraient de l'intérêt. Je joins à cette lettre, Monseigneur, un travail que j'ai fait alors. J'y ai exposé les observations qui m'ont été faites, les explications que je crois devoir donner, et les corrections qu'il me semblait utile de faire à mon ouvrage.

» La Congrégation jugera si ces corrections sont suffisantes. Dans le cas contraire, j'ose espérer encore, Monseigneur, qu'elle m'indiquera celles qu'elle jugerait nécessaires. Quoiqu'elle ne soit pas dans l'usage de communiquer le mémoire de son consulteur, elle le peut, et même elle l'a fait autrefois pour un historien français bien

connu.

Pai l'honneur d'être, Monseigneur,

De Votre Éminence,
» Le très humble et très obéissant serviteur,

» L'abbé GUETTÉE. »

On trouvera ci-après un extrait du Mémoire dont il est fait mention dans cette lettre.

Ayant attendu vainement, pendant quatre mois, une réponse à ma seconde lettre, j'écrivis la suivante, le 15 novembre 1852, à son Éminence le cardinal-préfet de la Congrégation de l'Index:

« Paris, le 15 novembre 1852.

D Monseigneur,

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J'ai adressé à votre Éminence, le 15 juillet dernier, une lettre et un mémoire auxquels on n'a encore pas répondu. Je vous disais , dans la lettre, que je m'étais empressé de demander, suivant le contseil de Votre Éminence, à des hommes doctes et de saine doctrine, des observations sur mon ouvrage intitulé : Histoire de l'Église de France, et que je n'en avais reçu aucune. Dans le Memoire que j'ai eu l'honneur d'adresser à votre Éminence, j'ai exposé les observations qui m'avaient été faites antérieurement au décret de la Congrégation de l'Index ; je les ai réfutées d'une manière qui me paraît péremptoire, et j'ai proposé quelques modifications dans le but de prouver à la Congrégation que je suis dans la disposition de faire à mon livre les corrections qui seront jugées nécessaires.

» Je ne puis croire, Monseigneur, que la S. Congrégation de l'Index ne tienne aucun compte de mes dispositions, ou qu'elle regarde comme non susceptible de correction un livre approuvé. par plusieurs prélats, et pour la publication duquel j'ai reçu les encouragements de quarante-deux évêques de France. D'ailleurs, la réponse de votre Éminence à ma première lettre prouve que la S. Congrégation regarde mon livre comme pouvant facilement être rendu irréprochable, si je veux profiter des observations des hommes doctes et de saine doctrine. N'ayant rien obtenu des quatre prélats que j'ai consultés, d'après le conseil de Votre Éminence, je veux encore espérer que la S. Congrégation voudra bien m'indiquer ce qu'elle a trouvé elle-même de répréhensible dans mon ouvrage.

L'insistance que je mets dans cette demande, Monseigneur, doit prouver à la Congrégation que j'ai le plus vif désir de rendre mon livre pur de toutes taches. Après avoir passé les plus belles années de ma vie à travailler à l'histoire de notre chère et illustre Église, je ne puis me résoudre à laisser mon livre sous le coup d'une censure, sans essayer, au moins, de faire lever cette censure, et sans dire bien haut que, si je me suis trompé, j'ai assez d'humilité pour le reconnaître et assez de foi pour rétracter mes er

reurs.

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» Mais, Monseigneur , pour rétracter ces erreurs et les corriger, il faut que je les connaisse. Or, je ne vois rien par moi-même que de très orthodoxe dans mon ouvrage, et mes adversaires euxmêmes n'ont jamais indiqué une seule proposition qui ne puisse être entendue dans un sens parfaitement catholique. Comment puis-je donc connaître ce qui doit être corrigé dans mon livre, sinon en m'adressant à ceux qui l'on dénoncé comme mauvais à l'Église entière ; qui l'ont prohibé et condamné?

» Je vous le dirai , Monseigneur, en toute franchise : je ne puis

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voir de sarıg-íroid, frappé d'un décret infamant, un livre qui m'a coûté tant de travaux et de peines, et dans la composition duquel je n'ai eu pour but que de dire la vérité, pour motif que la défense des vrais principes catholiques. Le décret de la S. Congrégation de l'Index a brisé mon avenir, il m'a blessé gravement dans mes plus légitimes intérêts; il m'a fait un mal irréparable ; mais tout cela n'est rien à mes yeux, en comparaison de cet état de suspicion où il a mis mon orthodoxie. La Congrégation de l'Index ne peut donc trouver mauvais que j'insiste aussi vivement auprès d'elle pour connaître ses griefs. Elle ne pourra non plus trouver étrange que je publie en tête de mon huitième volume, qui va paraître prochainement, les trois lettres que j'ai eu l'honneur d'adresser à votre Éminence.

» Le décret de la S. Congrégation de l'Index étant public, je dois désirer que l'on sache que j'ai fait auprès d'elle toutes les démarches que ma conscience m'a fait considérer comme nécessaires.

J'ai l'honneur d'être, Monseigneur,
» De Votre Éminence,
» Le très humble et très obéissant serviteur,

» L'abbé GUETTÉE. )

J'envoyai copie de cette troisième lettre à Monseigneur Garibaldi , qui me pria, quelques jours après, de passer à la Nonciature. Je m'y rendis et je reçus alors communication d'une réponse que Son Éminence le cardinal Brignole avait faite à ma seconde lettre, dans le courant du mois d'août.

La seconde réponse du cardinal-préfet est conforme à la première, et peut être ainsi résumée: La Congrégation de l’Index ne doit pas faire connaître ses griefs aux auteurs des livres censurés par elle. M. l'abbé Guettée doit consulter d'autres personnes touchant les défauts de son ouvrage, puisque les premières ne lui ont rien communiqué.

Pour me conformer à ce conseil, je sollicite les observations de tous ceux qui liront ces lignes '.

Je déclare en outre, dans toute la sincérité de mon âme, que je désavoue tout ce qui, dans mon ouvrage, ne serait pas conforme à la doctrine de l'Église. S'il s'y rencontre des erreurs, je les corrigerai, et je les rétracterai dès qu'elles me seront connues.

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L'abbé GUETTÉE,
Auteur de l'Histoire de l'Église de France.

Paris, 15 mars 1853.

Un assez grand nombre de lettres anonymes m'ayant été adressées, j'ai dû prendre la détermination de ne recevoir que les lettres affranchies.

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