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le vaillant M. Dilhet, dont M. Émery a fait cet éloge : « M. Dilhet a de l'expérience, du zèle, de l'activité. Il a travaillé dans le centre de l'Amérique. Puisqu'il a réussi auprès des sauvages, il n'aura pas de peine à réussir auprès des Limousins. »

Tous ces hommes, dont la plupart avaient souffert mille épreuves, pendant les jours sombres de la Révolution, d'une foi inébranlable, d'une piété éminente, d’un zèle et d'une perfection sacerdotale dont le souvenir effraie notre faiblesse obéissent à l'impulsion du supérieur de Saint-Sulpice. Ils affrontent de nouveaux dangers, bravent la misère et les privations les plus douloureuses, résistent aux dégoûts et aux déboires. Rien ne peut ralentir l'ardeur de leur courage inspiré par l'amour le plus généreux de l'Eglise; et, sur tous les points de la France ouverts à leur activité surnaturelle ils préparent de nouveaux ouvriers évangéliques, réveillent l'esprit sacerdotal, relèvent les ruines amoncelées par l'impiété révolutionnaire. Quels hommes! et quel spectacle! Il fallait de nouveaux apôtres au pays ravagé par une invasion de nouveaux barbares. Les fils de M. Olier répondent à ce besoin.

La Compagnie, échappée au naufrage de la révolution, reconstituée par son second fondateur M. Émery, retrouve dans le culte des traditions qui ont fait sa grandeur dans le passé, le secret de sa force nouvelle, et de la fécondité de son apostolat.

CHAPITRE VII

M. EMERY ET LE CARDINAL DE BAUSSET

Il pro

SOMMAIRE. - M. Émery fait l'acquisition des manuscrits de Fénelon. - Son

dessein de publier la Vie et une édition des OEuvres de Fénelon. pose ce travail à M. de Bausset. Ses lettres à M. de Bausset, ses conseils et ses avis. — Il console M. de Bausset de la perte de Mm. de Bassompierre. Il l'encourage à se présenter à l'Académie. Son travail sur le cardinal Dubois. Reconnaissance de l'évêque d'Alais.

I

M. Émery, accompagné de M. Garnier, l'un des prêtres les plus distingués de la Compagnie se rendait souvent chez les libraires de Paris; il passait des soirées entières à examiner les ouvrages, à dépouiller les papiers, les débris des grandes biblio. thèques enlevées aux monastères et aux maisons religieuses, qui avaient été cachés et entassés quelquefois sans discernement dans des réduits obscurs, au lendemain de la révolution. Il y avait là des trésors ignorés, oubliés par la rapacité grossière des recéleurs, des éditions rares, des collections pré cieuses, des livres de prix, de grands ouvrages, condamnés à disparaître, vendus au poids, après avoir été volés aux plus illustres représentants de la science ecclésiastique dans notre pays.

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M. Émery profila de cette situation pour former à peu

de frais les deux grandes bibliothèques du séminaire, à Paris et à la campagne, et le fonds prin. cipal de la bibliothèque du séminaire de Baltimore.

« Il faut bien », disait-il souvent, « nous procurer des livres, puisque la révolution nous a dépouillés de tous ceux qui nous restaient : une bibliothèque est indispensable au séminaire. »

Il acheta à des prix insignifiants, les euvres des Pères de l'Église les plus célèbres, des commentaires sur l'Écriture sainte, les traités des canonistes et des théologiens les plus renommés, et une grande quantité d'exemplaires de la Bible et du Nouveau Testament.

« Comme il était très bon connaisseur », raconte M. Garnier, avec une simplicité touchante, « il ne manquait point de découvrir les livres les plus utiles. Un jour, ayant trouvé un ouvrage qu'il ne connaissait pas, il s'assit sur un tas de vieux papiers pour l'examiner à loisir. Après l'avoir lu attentivement il me dit : « Voilà un ouvrage plein de recherches, à la composition duquel l'auteur a consacré toute sa vie; il faut empêcher qu'il soit détruit; je veux l'acheter. » Une autre fois, nous bouquinions ensemble, il démolit, par mégarde une haute pile de livres pour retirer un ouvrage qui était à la base. La pile tombe sur lui, un livre relié lui blessa la tête jusqu'au sang; on fût obligé d'appliquer une compresse d'eau froide sur la blessure. M. Émery, qui ne perdait jamais sa gaieté, me dit en souriant:

K Où est le liyre qui m'a blessé? Je veux l'acheter; s'il est bon, je lui fais grâce; s'il est mauvais, je le .jette au feu. »

M. Émery était heureux dans ses recherches : il eut ainsi la fortune de découvrir un jour des manuscrits inédits de Fénelon; il en fit l'acquisition, avec la pensée d'encourager plus tard un écrivain de mérite à publier la Vie et une édition complète des OEuvres du célèbre archevêque de Cambrai (1).

Il confia son projet à un homme qui avait un rare talent, de longs loisirs, un esprit sage et le culte des classiques du grand siècle : c'était M. de Bausset, évêque d’Alais, élevé plus tard, par la bienveillance du Saint-Père, à la dignité de cardinal..

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Né à Pondichéry, le 14 décembre 1748, d'un père qui occupait une haute situation civile au serviçe du gouvernement, Bausset reviņt en France tout jeune encore, embrassa l'état ecclésiastique, et

(1) M. Girardin, commissaire-priseur à Paris, prévint "M. Émery que les manuscrits de Fénelon allaient être vendus. Ils furent d'abord achetés au nom de M. de Bausset, et celui-ci les céda ensuite à M. Émery. Il est certain, par la correspone dance de M. Émery, que Mme de Campigny savait bien qu'on 'allait vendre ces manuscrits, et qu'il dépendait d'elle de les i acheter ou de les revendiquer. Nous avons l'acte d'achat des

fut ordonné prêtre à l'âge de vingt-cinq ans. La distinction de son esprit et de ses manières, l'aménité de son caractère, ses rares dispositions pour les lettres, appelèrent sur lui l'attention de M. de Boisgelin, archevêque d'Aix, qui lui donna des lettres de grand vicaire et le retint dans son palais.

Député de la Provence à l'assemblée générale du clergé, administrateur du diocèse de Digne, il fut promu à l'épiscopat en 1784. Nous le retrouvons, en 1789, aux états généraux, déjà lié avec M. Émery, dont il écoute les conseils dans ses atta ques courtoises mais vigoureuses contre la constitution civile du clergé. Prisonnier à la maison de la Bourbe, pendant la révolution, il en sórt la vie sauve, et se retire, avec la pensée de renoncer à l'exercice de ses fonctions épiscopales, dans une maison de campagne, aux environs de Paris.

Il fut le confident et le meilleur ami de M. Émery. Dans ses épreuves et ses tristesses, dans ses ennuis et ses déboires, dans ses joies comme dans ses espérances, le cæur de M. Emery cherchait toujours le cour de M. de Bausset, qui lui resta fidèlejusqu'à sa dernière heure. Il n'eut jamais pour lui ni réticence

manuscrits de Fénelon. M. Girardin, comme fondé de pouvoirs de M. Louis François-Charles de Salignac-Fénelon, ainé de la famille, dont la procuration est jointe à l'acte, es vendit pour 2400 fr. A la suite de l'acte est la reconnaissance de M. de Bausset, constatant qu'ils ont été payés des deniers de M. Émery, Lacte est du 24 brumaire an IX, qui correspond au 15 novembre 1800,

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