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SOMMAIRE. Suppression de la Sorbonne par le Directoire. Sa réorgani

sation" par l'empereur. M. Émery est consulté. Il rédige un mémoire sur les Facultés de théologie. Lettre à M. Guillon. Il est nommé conseiller de l'Université. - Lettre de refus à M. Fontanes.

Son acceptation. - Lettre à M. de Bausset. - Son zèle dans le conseil de l'Université

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Les professeurs de la Sorbonne avaient déclaré publiquement à M. de Juigné, archevêque légitime de Paris qu'ils ne reconnaîtraient jamais l'évêque intrus, créature du pouvoir civil qui usurpait sa place par un scandale, et trahissait tous ses serments. Ils affirmaient avec courage dans une protestation restée comme l'expression de la fidélité de leur foi, qu'au Pape seul appartient le droit d'instiluer canoniquement les évêques, qu'il n'était pas permis de prêter serment à la constitution civile du clergé, et qu'ils étaient décidés à donner à leurs élèves et au clergé de France, au prix des plus grands sacrifices, l'exemple de la soumission à l'Église de Jésus-Christ.

Cette fermeté des savants professeurs de la Sorbonne qui continuaient avec modestie et avec gloire les traditions des théologiens les plus renom. més des siècles passés, avait irrité le gouvernement qui cherchait des complices dans l'épiscopat et dans les rangs du clergé où il avait déja trouvé des serviteurs empressés et déshonorés de ses rancunes contre le vicaire de Jésus-Christ.

Lorsque le gouvernement engagé dans la voie des persécutions exigea du clergé le serment de fidélité à la Constitution civile, tous les professeurs de Sorbonne et de Navarre, à l'unanimité, déclarèrent qu'ils ne prêteraient pas ce serment, et qu'ils réprouvaient la Constitution (1). Mais si l'Assemblée constituante avait été tolérante quand elle avait décrété que les maisons d'éducation continueraient à recevoir des élèves et à donner l'instruction, le Directoire était animé des sentiments plus hostiles; irrité de la résistance légitime et honorable de la Sorbonne qui avait été pendant des siècles au

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(1) « Si donc » disaient les professeurs, dans une éloquente protestation, déserteurs, tout à la fois de la doctrine pure que nous avons puisée dans son sein, et de notre propre enseignement dans ses écoles, nous avions la coupable faiblesse de prèter serment, c'est dans ses Annales (de la Faculté) et jusque dans nos leçons mêmes que nous pourrions lire l'arrêt flétrissant de notre condamnation. Une si låche désertion ne nous eut-elle pas rendus indignes, et des fonctions honorables que nous exerçons en son nom, et de notre propre estime? »

Protestation de la Facullé de théologie de la Sorbonne contre la constitullon civile du clergé de France,

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témoignage même de souverains pontifes, la lulumière et la gloire de l'église de France, il décréta sa suppression, par un arrêté du 17 octobre 1790.

· Les professeurs de la maison de Sorbonne rédigèrent une déclaration par laquelle ils réprouvaient la Constitution civile en lui donnant ces qualifications sévères mais justes : hérétique, schismatique opposée à l'esprit du christianisme. On voit au bas de cette déclaration, la signature de tous les professeurs de la maison de Sorbonne et de la maison de Navarre.

« La Sorbonne tomba, écrit M. Picot, parce qu'elle était une école catholique. C'est à ce titre qu'elle fut odieuse à la fois aux jansenistes, aux philo. sophes et aux révolutionnaires. Ello

vengea par des censures motivées que nous avons souvent occasion de mentionner les doctrines de l'Église contre les attaques de l'université; elle mérita les éloges de plusieurs papes; et principalement dans la seconde parlie du xvi1e siècle, tous ses actes ont prouvé son attachement à l'Église et au Saint-Siège (1). »

Dans un bref adressé, le 13 avril 1791 à M. de Boisgelin archevêque d'Aix et aux évêques de France restés fidèles au Saint-Siège, Pie VI rappelait avec honneur cette conduite de la célèbre Sor

eu

(1) Picot. Mémoire pour servir à l'histoire de l'Église, etc., t. VỊ, p. 151.

bonne, à une heure où la fidélité était un grand acte de courage, et il rendait hommage au talent à la vertu, à la foi inébranlable de ses professeurs:

II

La main qui relevait l'Église de ses ruines, en rétablissant les séminaires, en donnant une organisation nouvelle au chapitre de Saint-Denis, et une plus grande autorité à l'épiscopat sorti des négociations du Concordat, essaya de relever aussi, la Sorbonne et de lui rendre la splendeur des siècles passés.

Ce n'était pas, cependant, une pensée de répara. - tion envers la religion chrétienne qui pouvait ins

pirer la conduite de celui qui retenait le Pape prisonnier, au mépris des principes élémentaires de la justice. Tandis que les esprits sages regrettaient les vieilles universités de France qui exprimaient les 'meurs, l'esprit, la vie des anciennes provinces, l'empereur dominé par la pensée d'une centralisation absolue, ennemi des libertés provinciales, ja·loux de tenir dans ses mains puissantes la direction de l'enseignement à tous les degrés, créa l'université de France sur les ruines des anciennes universités ravagées par la tempête de la révolution.

Gette centralisation était un grave danger pour le progrès scientifique des études, l'indépendance même légitime des esprits dans le choix des méthodes, et pour les droits de l'Église à qui seule appartient la mission divine d'enseigner à ses ministres les principes immuables de la science sacrée; elle permettait à l'ennemi de Pie VII de s'attribuer d'une certaine manière la direction des esprits et des consciences, d'exposer l'Église au schisme et aux rigueurs de la persécution.

Portalis était mort; Fourcroy très versé dans les matières d'enseignement, d'une rare intelligence et à la hauteur des plus difficiles problèmes, fut chargé par l'empereur, au commencement de l'année 1808, de rédiger un décret de réorganisation de toutes les facultés réunies sous la dénomination commune d'université de France. La tâche était délicate, elle était vaste; elle n'exigeait pas seulement des connaissances variées sur les différents objets de l'enşeignement de la théologie, du droit, de la méde. cine, des lettres et des sciences, elle exigeait encore un grand jugement, un esprit sage et pratique qui tiendrait compte des conditions nouvelles de la société française, sans rompre brutalement avec les traditions et les enseignements du passé.

Fourcroy était l'ami du cardinal Fesch, il sentit le besoin de recourir à ses lumières, dans l'accom: plissement de sa tâche, et d'user de son crédit au. près de l'empereur. Le cardinal Fesch avait donné depuis longtemps sa confiance à M. Émery; 'il ne

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