Sayfadaki görseller
PDF
ePub

dans une lettre intime à son grand ami, le cardinal de Bausset.

« Il faut vous remercier de l'usage que j'ai fait hier de votre robe et de votre toque, car j'ai conservé ma soutane, ma ceinture et mon rabat. Le conseil a été présenté à l'empereur, il a paru immé diatement après la Chambre des comptes; un décret lui assigne cette place parmi les cours souveraines. Dans toutes les cérémonies publiques il sera appelé et conservera ce rang. Les seuls conseillers titulaires avec les trois grands officiers auront droit de paraître.

« Je sais que vous devez être tout glorieux de cette distinction. J'ai paru, parce que l'empereur m'ayant vu quelques jours auparavant, se serait aperçu de mon absence. J'ai reconnu qu'il vous était impossible de prendre part à de pareilles cérémonies.

« Le compliment de M. de Fontanes aura, sans doute, été le meilleur. Il était tiré exc visceribus rei, je veux dire de l'établissement de l'université. Les autres orateurs ont été réduits aux lieux communs. Nous avons attendu quelque temps, j'ai dit une partie de mon chapelet, j'ai fait quelques élévations d'esprit jusqu'au ciel pour comparer la cour de là haut à celle d'ici-bas.

« Je vous avoue que cette dernière me paraissait bien misérable; elle était toute renfermée dans deux salles, et je pensais que dans quelques années, et le courtisé et les courtisans seraient tous réduits en poussière.

« Mais une grande raison de vous écrire, c'est pour avoir une réponse qui me donne de vos nouvelles. »

Les occupations de conseiller de l'université laissaient peu de loisirs à M. Émery et l'exposaient à tous les ennuis qu'il avait prévus, qu'il aurait voulu détourner.

Le conseil se réunissait plusieurs fois la semaine, et lorsque fatigué de ces longues séances, M. Émery regagnait lentement le séminaire pour y goûter un moment de repos, il était accablé de visites, de recommandations, de sollicitations de la part des candidats aux chaires vacantes dans les collèges de l'université. Sa correspondance déjà très étendue prit de plus grandes proportions : après avoir satisfait aux réceptions et à sa correspondance, il ne trouvait plus les loisirs nécessaires pour vaquer à ses propres travaux.

« Ma tranquillité et mon bonheur, » écrit M. Émery, « ne gagneront point à cette place de conseiller. Depuis le moment de ma nomination, j'ai été accablé de visites de personnes qui demandent des places à l'université, el, quand je leur dis que ces places ne dépendent pas de moi, elles se rabattent à demander des lettres de recommandation.... On m'a fait un devoir d'accepter cette place. J'ai baissé la tête et je porte le joug, car, nous tenons déjà des conseils. On les tient deux fois la semaine ; ces conseils joints à celui de l'archevêché, me pren. nent trois jours de la semaine. Tout cela n'est

encore rien, auprès des visites, des lettres, des sollicitations que cela m'attire. Dieu soit loué ! Je ne me console que par l'espérance d'être de quelque utilité pour la Religion et pour l'Église..... Hier, je ne perdis point le temps au conseil ; je fis adopter un article très important sur l'éducation religieuse dans les lycées. On est convenu que le grand-maître enverrait à tous les lycées et collèges un plan ou ordre d'exercices religieux à suivre, dressé sur ce qui se pratiquait dans les collèges de l'université de Paris. Je serai encore de quelque utilité quand il s'agira d'organiser la Faculté de théologie. Après cela, je croirai pouvoir m'absenter impunément de temps en temps (1).

Dieu le récompensa des fatigues qu'il avait à supporter, en lui donnant une grande influence sur ses savants collègues, qui admiraient son esprit con. ciliant, sa haute intelligence, sa courtoisie aimable, la sagesse profonde de ses avis.

Il défendit dans ce conseil les droits des facultés de théologie, fit accepter son projet d'organisation de l'enseignement religieux dans les lycées, vengea les frères des écoles chrétiennes et leur constitution, dénoncée comme étant contraire aux droits de l'État et trop favorable aux prérogatives du SaintSiège; et il contribua d'une manière efficace à faire nommer aux emplois supérieurs de l'enseignement

(1) Lettres aux évéques de Vannes, de Mende et d'Alais.

298

M. ÉMERY ET L'ÉGLISE DE FRANCE

universitaire, des hommes qui n'étaient pas les ennemis déclarés de la religion.

Là, aussi bien qu'au séminaire, à la cour et dans le conseil de l'archevêché, il ne cessa jamais d'être ce prêtre intérieur et modeste, qui cherche Dieu à travers les choses humaines ; il ne détourna jamais le regard de son âme du bonheur du ciel, promis comme une récompense aux hommes de bonne volonté qui savent souffrir pour la cause de la justice, et mettre au-dessus de tout, le salut des âmes, la gloire de Dieu.

CHAPITRE XI

ADMINISTRATION DU DIOCÈSE DE PARIS

Mgr de Belloy est nommé l'archevêché de Paris. Sa confiance dans

M. Émery, Sages conseils de M. Émery dans la réforme de l'église de France. Ses inquiétudes sur la santé de Mgr de Belloy et le choix de son successeur. Lettre au cardinal Fesch. Mort de Mgr de Belloy. Difficultés intérieures. Nomination du cardinal Fesch et son refus. Nomination illégitime du cardinal Maury et ses intrigues. Bref de Pie VII, au cardinal Maury. - Adresse à l'empereur et protestation de M. Émery.

I

M. de Belloy, évêque de Marseille, devenu par l'influence intéressée de Bernier, archevêque de Paris, avait connu M. Émery pendant les mauvais jours de la révolution. Il estimait la modération habile et la droiture de son esprit, la sagesse de ses décisions, son zèle prudent et ferme ; il l'avait encouragé plusieurs fois, avec une grande affection à persévérer dans sa voie, à l'époque où les serments exigés par le gouvernement, semaient la division dans les rangs du clergé.

En prenant possession du siège de Paris, à un âge

« ÖncekiDevam »