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fatale des engrenages de sa logique : dans la loi qu'il proposa en 1870, comme président de la Land Tenure Reform Leage pour empêcher l'unearned increment du sol, on retrouve l'idée de la nationalisation du sol qui, bien longtemps après, devait être reprise avec éclat par Henry George dans son livre Progress and Poverty.

Il semble qu'on n'ait pas toujours accordé à ces opinions de Mill l'importance spéciale qu'elles ont au point de vue de l'évolution des doctrines et des idées. Nous allons essayer, dans le résumé des théories de J. St. Mill, de dégager exactement la pensée du maître et de grouper les conséquences qu'il en a tirées. Ce dernier travail ne paraîtra pas sans utilité, si l'on considère que les opinions de Mill sur cette matière sont dispersées dans les onze cents pages de ses Principes d'économie politique.

Envisagée de ce point de vue, la théorie de Mill est plus importante que celle de Ricardo, parce que les conséquences, sans doute funestes et fausses, en ont été déduites avec plus de rigueur et de franchise.

Stuart Mill adopte entièrement la théorie de la rente de Ricardo. Il commente avec beaucoup de clarté les lois de la terre sans rente et de la rente différentielle de la terre et des capitaux. Les titres des SS 3 et 4 du chapitre xvi consacré à la rente, forment à eux seuls une définition parfaite des lois ricardiennes, à savoir : « la rente est égale à la différence de revenu de la terre qui la produit et du revenu des plus mauvaises terres cultivées », - et * la rente est aussi la différence qui existe entre un capital et le capital employé dans les circonstances les plus défavorables ».

Les fondements de la théorie de Mill sur la rente sont exposés dans les aphorismes qu'il consacre à la loi d'accroissement de la production et du travail. En premier lieu, la terre est limitée comme quantité, et sa productivité a des bornes. En second lieu, les terres possèdent, à des degrés différents, ce que Ricardo appelait

tion ne diffère pas sensiblement de celle donnée par Adam Smith.

Malthus reproche à Ricardo d'avoir envisagé la question de l'augmentation de la rente sous un point de vue trop étroit lorsqu'il l'a attribuée à l'augmentation du prix de production résultant de la mise en culture des terres moins fertiles. Dans beaucoup de pays, affirme Malthus, il est possible de doubler ou de tripler la production agricole au moyen d'améliorations de la culture (1). Il est, au contraire, très peu de pays où l'augmentation de la rente puisse se faire sentir uniquement par la mise en exploitation de terrains moins avantageux que les premiers cultivés.

Bien que John Stuart Mill ait traité ex professo de la rente au chapitre xvi du premier tome de ses Principes d'économie politique, on peut dire que cet ouvrage tout entier est à lire par celui qui veut se faire une idée complète de la manière de voir de ce penseur illustre sur le sujet qui nous occupe. En effet, la théorie de la rente et celle de la population exercent une influence prépondérante sur la façon dont John Stuart Mill envisage la marche et les progrès des sociétés humaines. Elles reviennent constamment sous sa plume, et les déductions qu'il en tire sont d'une extrême importance. Aucun auteur mieux que John Stuart Mill n'a vu les rapports étroits qui existent entre la théorie classique de la rente et celle de la population; aucun non plus n'en a déduit les conséquences avec plus de logique. Malheureusement, personne non plus n'a fourni au socialisme des armes aussi redoutables. L'auteur lui-même n'a pas échappé à l'attirance

(1) Malthus admet que l'augmentation du capital appliqué à la terre fasse hausser la production, mais ce qui détruit l'harmonie, c'est l'augmentation plus que proportionnelle de la population (augmentation géométrique contre augmentation arithmétique). Cfr notamment Essai sur le principe de population, ch. I.

fatale des engrenages de sa logique : dans la loi qu'il proposa en 1870, comme président de la Land Tenure Reform Leage pour empêcher l'unearned increment du sol, on retrouve l'idée de la nationalisation du sol qui, bien longtemps après, devait être reprise avec éclat par Henry George dans son livre Progress and Poverty.

Il semble qu'on n'ait pas toujours accordé à ces opinions de Mill l'importance spéciale qu'elles ont au point de vue de l'évolution des doctrines et des idées. Nous allons essayer, dans le résumé des théories de J. St. Mill, de dégager exactement la pensée du maître et de grouper les conséquences qu'il en a tirées. Ce dernier travail ne paraîtra pas sans utilité, si l'on considère que les opinions de Mill sur cette matière sont dispersées dans les onze cents pages de ses Principes d'économie politique.

Envisagée de ce point de vue, la théorie de Mill est plus importante que celle de Ricardo, parce que les conséquences, sans doute funestes et fausses, en ont été déduites avec plus de rigueur et de franchise.

Stuart Mill adopte entièrement la théorie de la rente de Ricardo. Il commente avec beaucoup de clarté les lois de la terre sans rente et de la rente différentielle de la terre et des capitaux. Les titres des SS 3 et 4 du chapitre xvi consacré à la rente, forment à eux seuls une définition parfaite des lois ricardiennes, à savoir : « la rente est égale à la différence de revenu de la terre qui la produit et du revenu des plus mauvaises terres cultivées », - et « la rente est aussi la différence qui existe entre un capital et le capital employé dans les circonstances les plus défavorables ».

Les fondements de la théorie de Mill sur la rente sont exposés dans les aphorismes qu'il consacre à la loi d'accroissement de la production et du travail. En premier lieu, la terre est limitée comme quantité, et sa productivité a des bornes. En second lieu, les terres possèdent, à des degrés différents, ce que Ricardo appelait

les facultés indestructibles du sol. La production rencontre donc une barrière naturelle. Des deux faits qui viennent d'être rappelés, Mill tire cette conclusion qui contient toute la théorie de la rente, à savoir que la loi de la production du sol est une loi en vertu de laquelle tout accroissement de produit exige une somme plus que proportionnelle de travail.

Les conséquences sociales de la rente ont été longuement exposées par Mill dans le chapitre intitulé « Influence des progrès de l'industrie et de la population sur les caleurs et sur les prix ». Nous allons essayer de résumer ses vues. « La valeur permanente, dit Mill, de tous les objets qui ne subissent ni l'influence d'un monopole naturel, ni celle d'un monopole artificiel, dépend, comme nous l'avons vu, de leur coût de production. Mais l'augmentation du pouvoir que l'humanité acquiert constamment sur la nature ajoute incessamment au résultat des efforts de l'homme, ou, en d'autres termes, diminue le coût de production. , Il n'en est pas ainsi des produits de l'agriculture et des mines, parce qu'ils sont limités. « Ce n'est pas là, continue Mill, une propriété (la tendance à la hausse, ou la résistance à la baisse) qui tienne à ces marchandises elles-mêmes. Si la population était stationnaire et qu'il ne fût pas nécessaire d'obtenir de la terre des produits plus considérables, il n'y aurait pas de raison pour que le prix de la production s'élevât. » Ceci est une combinaison de la loi d'accroissement du sol avec la loi de la population. La conséquence est que, tandis que les produits manufacturés tendent à la baisse, les produits de l'agriculture tendent à la hausse. Mill admet qu'une série de circonstances, et notamment les progrès de l'art agricole, contrarient parfois cette tendance à la hausse, mais il ne s'agit là que d'un fait accidentel, momentané, qui ne peut rien contre les prescriptions inexorables de la nature.

Les progrès économiques et industriels ont des effets bien différents, selon Mill, sur la distribution du produit

entre les différentes classes de producteurs qui viennent au partage. Nous reproduisons seulement la conclusion de cette étude, en priant le lecteur de se référer aux notes (1) pour le développement des raisons qui ont amené

(1) Stuart Mill (pp. 311 du tome II des Principes d'économie politique, traduction Courcelle Seneuil, Guillaumin 1854) distingue trois traits caracté. ristiques du progrès industriel : accroissement des capitaux, accroissement de la population, perfectionnement des moyens de production et de transport. Mill imagine cinq cas dont quelques-uns sont assez compliqués. Nous les résumons, parce qu'ils font saisir le mécanisme logique des théories classiques sur la loi de population, la rente et le fonds des salaires.

1er cas. La population augmente, tandis que les capitaux et l'art de produire restent stationnaires. Les salaires baissent; les profits des capitalistes haussent, puisqu'ils obtiennent plus de travail pour le même capital. La population étant plus nombreuse, on devra mettre en culture des terres de qualité inférieure et la rente augmentera.

2e cas. La somme des capitaux augmente, la population reste stationnaire, la puissance de production reste immuable. Les salaires augmenteront, et comme la somme de travail est la même qu'auparavant, cette augmentation des salaires sera à la charge des entrepreneurs. L'amé. lioration du sort des travailleurs amène une demande croissante des produits de la terre, nécessite la mise en culture de terres moins fertiles et produit une augmentation de la rente.

ze cas. La population et la somme des capitaux faisant des progrès égaux, les arts de la production restent stationnaires. La demande de grain augmente : les arts de la production étant supposés stationnaires, le surplus nécessaire des produits coûtera plus cher. La hausse s'étendant à la totalité de la production, bien que les frais ne s'appliquent qu'à une partie de la quantité produite, il existe un supplément considérable de profit qui tourne au bénéfice du propriétaire par l'effet de la concurrence. Donc. il y aura hausse de la rente. Les salaires étant supposés élevés au prix des denrées, coûtent plus cher et la perte est supportée par les profits.

4e cas. La somme des capitaux et la population restant station. naires, les arts de la production font des progrès.

La plupart de ces progrès tendent à baisser le prix des articles achetés par le salaire des ouvriers. Si ce progrès s'applique aux produits agricoles, il y aura baisse des prix de ces produits. S'il s'agit d'une amélioration consistant à obtenir la même quantité à moindres frais, aucune portion de terre n'est rendue disponible, la frontière de la culture (margin of cultivation) reste où elle était précédemment. Si l'amélioration consiste, au contraire, à obtenir plus de produits avec le même travail, le marché peut être approvisionné avec une plus petite quantité de terre; la cause de la baisse des prix serait double : a) diminution du travail nécessaire, b) amélioration de la qualité de terre réglant le prix du produit. Les deux améliorations auraient pour effet de réduire la rente. « Il résulte de là, dit St. Mill, que l'intérêt du propriétaire est opposé à l'introduction générale et soudaine des améliorations agricoles. » Celte remarque avait déjà été faite par Ricardo.

Dès l'abord, les salaires resteraient nominalement les mêmes, et les travail.

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