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de valeur, si la durée du courant qu'elle produit était aussi restreinte qu'elle l'est dans des instruments analogues. Quelle est la durée du courant secondaire dans l'élément Planté ? Il est impossible de répondre à la question ainsi posée, par un chiffre catégorique.

La pile secondaire peut être très exactement comparée, comme je l'ai fait plus haut, à un réservoir. Elle emmagasine une quantité donnée d'électricité comme un réservoir d'eau emmagasine une quantité donnée de pluie. Tous deux ont leur trop-plein qui leur défend de dépasser un maximum de charge ; une fois ce maximum atteint,que l'on demande la durée pendant laquelle ils débiteront la provision qu'ils ont faite, c'est provoquer aussitôt une autre question: Quelles seront les dimensions de l'orifice ouvert à l'écoulement ?

Ainsi un couple secondaire qui rougira, dix minutes durant, un fil de platine d'un millimètre de diamètre, maintiendra incandescent, pendant une heure entière, un fil de platine de 0,2 de millimètre.

Toutes choses égales d'ailleurs, la durée de la décharge d'un élément secondaire dépend de la résistance du circuit qu'il traverse.

« Avec une résistance de 50 mètres de fil de cuivre d'un millimètre de diamètre , mise dans le circuit d'un couple secondaire, et d'une boussole des sinus dont le fil avait une résistance de 3 mètres, nous avons obtenu une intensité sensiblement constante pendant une heure environ (1).

Cette constance du courant secondaire, aussitôt après le maximum initial, est chose remarquable. On s'attendait à une décroissance continue. Mais non, il y a une forte chute à l'origine, puis une longue marche à niveau, puis à la fin cessation brusque. Le fait est là.

Un autre fait, bien remarquable encore, que présentent les éléments secondaires est l'apparition de résidus analogues

(1) Recherches sur l'électricité, p. 66.

à ceux que manifestent les condensateurs d'électricité statique.

Si l'on interrompt le circuit aussitôt après la décharge, et qu'on le referme après une demi-heure, il y a une décharge nouvelle. Si l'on met un plus grand intervalle entre la première décharge et la seconde, celle-ci pourra durer deux ou trois minutes.

Ceci nous amène à l'une des qualités les plus saillantes des piles Planté : un élément convenablement chargé se maintient en charge pendant deux et trois semaines. On peut même le maintenir indéfiniment en charge en le laissant en rapport avec deux ou trois éléments de Daniell ou de Callaud, tels que ceux qu'on emploie en télégraphie. Il n'est pas besoin, je pense, d'insister sur un tel avantage. C'est on le voit, comme une provision d'électricité faite à l'avance, toujours à la main de l'opérateur et dont il use comme d'une provision d'eau ou de gaz, sans autre peine que de tourner un bouton comme on tourne un robinet.

Il était intéressant d'étudier le rendement des piles secondaires. M. Planté l'a fait d'une manière aussi élégante que simple.

Il établit en rapport avec deux éléments Bunsen un élément secondaire, et l'y laisse jusqu'à ce qu'il ait atteint son maximum de charge. Durant ce même intervalle, deux autres éléments Bunsen de même surface sont employés à couvrir d'un dépôt de cuivre une lame de platine préalablement pesée. Le poids du métal ainsi déposé mesure le dépôt et le travail des piles qui ont chargé l'élément secondaire.

Aussitôt après que celui-ci a atteint son extrême limite de charge, on l'emploie à son tour à couvrir de cuivre une lame de platine de même dimension que la première. Le poids du dépôt métallique, dans ce dernier cas, mesure le travail de l'élément secondaire.

Or, en comparant ainsi le travail fourni pendant la

charge avec le travail rendu pendant la décharge,on trouve que celui-ci est à peu de chose près les de celui-là.

En résumé donc, l'élément secondaire de Planté fournit un courant électrique une fois et demie plus intense que l'élément Bunsen.

Ce courant il le tient en réserve, à la volonté de l'opérateur, des semaines entières après avoir été mis en charge.

Et quand on le lui demande, il le fournit avec constance pendant une heure, plus qu'il n'en faut pour le plus grand nombre de nos essais et de nos expériences.

Toutefois, ce serait une illusion de croire que les batteries, livrées par le constructeur, fraîchement déballées et montées, sont prêtes à recevoir leur charge et à la rendre ensuite: elles ont besoin d'une certaine éducation, d'une formation, comme l'appelle M. Plantė; et ceci n'est pas malaisé à comprendre. Une première oxydation des lames par le courant principal n'est pas assez profonde, et la réduction qui suivra, quand le courant secondaire sera fermé, aura trop peu de durée. Il faut arriver à rendre les couches d'oxyde plus épaisses, leur réduction présentera alors des effets secondaires plus durables et plus énergiques. Après bien des tâtonnements, M. Planté s'est arrêté à un procédé de formation qu'il expose en détail dans son livre.

Il est long et fastidieux, sans aucun doute, mais la batterie une fois formée ne perd plus les avantages de cette première éducation, et, par suite, n'exige plus qu'on le répète. Je laisse parler M. Planté lui-même :

« Le couple secondaire ayant été rempli à l'avance d'eau acidulée au is par de l'acide sulfurique pur, on le fait traverser, le premier jour que l'on s'en sert, six ou huit fois, alternativement dans les deux sens, par le courant de deux éléments Bunsen. On décharge le couple secondaire entre chaque changement de sens et on constate sans peine, soit par l'incandescence d'un fil de platine, soit par tout autre effet, que la durée de la décharge va sans cesse en croissant. On augmente peu à peu le temps pendant lequel le

couple reste soumis dans le même sens à l'action du courant primaire. On porte successivement cette durée, dès le premier jour, dejà - heure et 1 heure. On le laisse finalement chargé dans un sens déterminé jusqu'au lendemain. Le lendemain, on le recharge deux heures en sens inverse, puis dans le premier sens, et ainsi de suite. On constate encore un gain dans la durée de la décharge. Mais il arrive

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bientôt une limite au delà de laquelle cette durée n'augmente plus sensiblement, surtout lorsque la pile primaire, n'étant pas renouvelée, s'est affaiblie peu à peu par ces actions successives et n'a plus une intensité suffisante pour que l'électrolyse pénètre plus profondément à l'intérieur des lames.

» On laisse alors le couple secondaire au repos, pendant huit jours, et on le recharge en sens inverse, pendant plusieurs heures, sans faire le même jour de nouveaux

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changements de sens. Puis on porte peu à

peu

l'intervalle de repos à quinze jours, un mois, deux mois, etc., et la durée de la décharge va sans cesse en augmentant. Elle n'a d'autre limite que l'épaisseur même des lames de plomb.....

» Lorsque des couples secondaires donnent un courant d'une durée suffisamment prolongée pour l'application qu'on veut en faire, il n'y a plus lieu de changer le sens du courant primaire chaque fois que l'on s'en sert. La provision de peroxyde de plomb accumulée sur la lame positive serait trop longue à réduire et l'on n'obtiendrait aucun effet du couple avant plusieurs heures. On adopte donc un sens définitif dans lequel on charge toujours les couples secondaires, une fois qu'ils sont suffisamment formės (1). »

J'ai dit qu'à la manière de toutes les piles, les éléments Planté se prêtaient à être associés en batterie. La figure 6 représente vingt couples secondaires associés ainsi. Un commutateur CC’, travaillé à l'aide du bouton B, permet de les disposer en surface suivant le diagramme ci-dessous, (fig. 7) ou en tension suivant cet autre diagrame, (fig. 8).

M. Planté a formé ainsi des batteries de 800 couples secondaires. Quatre couples suffisent à les charger et réalisent l'effort de 1 200 éléments Bunsen.

La figure 9 représente la disposition de 400 éléments secondaires divisés en 10 batteries, chacune de 40 couples. Le voltamètre est représenté au moment où le courant électrique vient d'agir à sa surface. On voit encore la vapeur d'eau se dégager au-dessus du liquide à la suite du puissant effet calorifique produit par le passage du courant. Des rhéoscopes à fils de platine, sont placés sur les tables pour vérifier l'état des couples secondaires. D'autres grands rhéoscopes, à long fil de platine tendu entre des pinces, permettent d'examiner séparément, s'il y a lieu, l'état de chaque batterie.

(1) Recherches sur l'électricité, p. 53.

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