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Faisons un dernier pas, et étudions une série d'observations s'étendant seulement à une période de 12 ans. Nous avons choisi celles de M. Terby, à Louvain.

Le résultat est 689mm, l'écart moyen d'une observation + 109mm, et l'erreur moyenne du résultat + 30mm. L'écart probable devient + 74mm : on trouve, dans la série des résidus, 8 écarts supérieurs à 74, et 4 inférieurs ; l'accord devient bien douteux.

Passons aux nombres probables d'écarts compris entre o et Somm, entre 80 et 160mm, etc.; on trouve, en nombres ronds,

7, 4, 1, 0; les nombres des résidus correspondants sont

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ils ne suivent pas la loi des écarts fortuits : on ne peut se fier au résultat 689mm, ni à la correction + 30mm; la série est manifestement trop courte. Le pluviomètre de M. Terby donnerait pour valeur de to le nombre 2, 4.. ; le temps lui a manqué pour être plus habile.

On comprendrait mal la portée de ces remarques si on en concluait que des séries d'observations dont la période est égale ou inférieure à 12 ans ne pouvaient fournir à M. Lancaster des éléments sérieux pour son travail. Sans doute, chacune de ces séries, prise isolément, ne peut fournir, sur la station particulière à laquelle elle se rapporte, des renseignements définitifs. Mais ce n'est pas ce travail de détail qu'a entrepris M. Lancaster ; c'est un travail d'ensemble, où toutes les observations concourent à la fois, et où les témoignages insuffisants des stations secondaires, contrôlés et complétés par les témoignages circonstanciés des stations primaires voisines, prennent un sens net et suffisamment précis. Sans doute, les observations de Louvain, par exemple, ne permettent pas de fixer avec certitude la hauteur moyenne annuelle de la pluie que reçoit cette station ; mais elles peuvent très bien concourir avec celles de Bruxelles, de Malines, etc., à établir que ces villes se trouvent dans une zone qui reçoit en moyenne 700mm d'eau. Les deux problèmes sont parfaitement distincts ; c'est le second seul qu'aborde M. Lancaster, et nous croyons qu'il l'a résolu. Nous pensons avec lui que les observations futures ne feront pas subir aux zones pluviométriques de changements considérables dans leurs traits principaux. En

particulier, la corrélation très étroite qui existe entre la carte pluviométrique et la carte hypsométrique du pays est un point définitivement acquis.

Peut-être eût-il paru beaucoup moins net et fût-il resté voilé par les anomalies locales, si l'auteur avait eu à sa disposition, pour toutes les stations, des séries d'observations comparables ou supérieures à celle de Bruxelles. Il n'est pas rare qu'un ensemble de mesures médiocres rende, au début d'une recherche scientifique, des services que n'auraient point rendus des mesures plus parfaites. Galilée eût-il découvert l'isochronisme des oscillations du pendule, en étudiant des oscillations dont l'amplitude était voisine de 180°, s'il avait eu à sa disposition un moyen correct de mesurer le temps; et Képler eût-il tiré les lois qui régissent le mouvement des planètes des observations de Tycho-Brahé, si ces observations avaient atteint le mouvement troublé de Mars ?

D'ailleurs, nous l'avons dit, M. Lancaster s'est bien gardé d'accorder aux observations isolées des différentes stations du réseau climatologique une importance exagérée. "Les hauteurs moyennes de pluie, dit-il, même pour des périodes d'assez longue durée, n'ont... de signification précise que lorsqu'elles se trouvent placées en regard des valeurs correspondantes pour des stations voisines, dont on connait d'une manière certaine les hauteurs normales. La Belgique ayant l'avantage de présenter peu de développement en étendue, et Bruxelles, la station pour laquelle nous possédons la plus longue série d'observations, occupant à très peu près le centre du pays, ces comparaisons offrent un assez grand degré d'exactitude. „ C'est sur ces comparaisons que M. Lancaster a très sagement appuyé tout son travail; et il a réussi, répétons-le, à faire cuvre vraiment scientifique, durable et éminemment utile.

Il reste maintenant à descendre aux détails, à poursuivre et à atteindre le phénomène troublé dans son ensemble par mille accidents particuliers à chaque station : la présence d'une forêt, l'orientation d'une chaine de collines, le voisinage d'une grande industrie, etc., etc. Pour cela, il faut multiplier les stations, et y prolonger assez les observations pour arriver à des déterminations isolées précises, se suffisant à elles-mêmes, qui manifesteront l'influence de ces causes secondaires et feront reconnaître l'existence et l'importance de ces anomalies locales avec lesquelles l'hydrologie et la météorologie appliquée à l'agriculture, à l'industrie, à l'hygiène doivent évidemment compter.

En terminant, nous emprunterons à une circulaire émanée de la Société belge de géologie, de paléontologie et d'hydrologie, quelques renseignements relatifs à la seconde partie du travail de M. Lancaster.

“ Elle comprendra, d'après les prévisions, outre un grand nombre de tableaux supplémentaires variés (répartition des pluies par saisons, variabilité des pluies, périodes de sécheresse et d'humidité, maxima des pluies d'orage, etc.) et la discussion des renseignements qu'ils fournissent, un certain nombre de cartes à l'échelle du 800 oooe, donnant, sur un canevas analogue à celui de la carte pluviométrique proprement dite, le tracé des chutes pluviales moyennes pendant les saisons chaude et froide, les courbes des maxima et des minima annuels, etc. L'ouvrage se terminera par l'exposé des observations pluviométriques faites, jour par jour, à Bruxelles, de 1833 à 1892...

„On adjoindra à la publication, si c'est possible, un tracé du relief du sol de la Belgique et une carte des zones de perméabilité des terrains superficiels... ; ces dernières cartes seront fournies par des collaborateurs géologues.

L'œuvre complète constituera donc un véritable monument scientifique, sans rival dans son genre, présentant une utilité pratique étendue et immédiate, donnant les principaux éléments des grandes questions intéressant å un si haut degré les populations et les pouvoirs publics. ,,

Nous souhaitons la prompte et complète réalisation d'une entreprise si brillamment commencée.

J. THIRION, S. J.

BIBLIOGRAPHIE

I.

TRAITÉ DE PHYSIOLOGIE HUMAINE, par le Dr J. GAD, professeur à l'université de Berlin, et le Dr J.-F. HEYMANS, professeur à l'université de Gand. Traduit de l'allemand par les auteurs et le Dr E. Masoin, professeur à l'université de Louvain.- Louvain, Uytspruyst-Dieudonné; Paris, Octave Doin. 1895.

Voici un traité de physiologie qui ne ressemble pas aux autres manuels qu'on trouve ordinairement entre les mains des élèves de médecine. C'est un grand in-8° découpé en carré à la façon d'un in-4°. La table des chapitres est un modèle de concision. Elle n'occupe pas une page, et nous pourrions la donner en entier sans allonger sensiblement notre compte rendu. Pas une note au bas des pages, pas une citation d'auteur; dans le corps même de l'ouvrage, à peine de loin en loin le nom d'un physiologiste. Le texte court d'une traite. Douze fois seulement, dans un ouvrage de 500 pages, on est averti qu’on passe d'un sujet à un autre, et cela par des titres aussi peu définis que ceux-ci : Tissu musculaire ; Mouvements du corps ; Tissu nerveux, etc. Les titres courants seuls varient au haut des pages ; mais qui songe à consulter les titres courants en dehors des dictionnaires ?

Le caractère intrinsèque du livre est en parfaite harmonie avec l'aspect extérieur, tel que nous venons de le décrire. Si tout paraît si dense et si compact, c'est que le traité lui-même est plein d'unité et de cohésion. L'enseignement physiologique n'y

est pas morcelé en fragments disjoints, incapables souvent de s'adapter les uns aux autres. C'est un tout où chacune des par ties continue naturellement les autres, sans lacune et à peu près sans ligne de démarcation.

L'unité qui relie ainsi les parties d'un même traité est facile à réaliser dans les sciences de pur raisonnement, et aussi dans certaines sciences d'observation qui, comme la physique, sont capables de rattacher les faits à quelques lois générales bien démontrées. Mais en physiologie, les faits ne se groupent pas aussi aisément sous des principes primordiaux, et il n'est pas tou. jours possible d'assigner aux phénomènes des causes certaines. Signaler toutes les hypothèses énoncées par les physiologistes, c'est excellent dans un livre à consulter, mais il faut alors des volumes; un traité d'une telle étendue ne serait pas de nature à plaire à un lecteur qui veut s'initier à la physiologie, ou à un étudiant qui, dans un espace de temps restreint, doit mener de front plusieurs sciences et a trop de peine à s'assimiler le nécessaire pour songer à absorber du superflu.

Il faut donc savoir se borner, s'attacher aux phénomènes essentiels, en montrer l'enchaînement et les expliquer par les hypothèses les plus probables, à défaut de raisons certaines.

Le péril git ici dans l'émulation, d'ailleurs bien légitime, des professeurs d'universités. Que les professeurs luttent entre eux à qui en saura le plus, rien de mieux ; la science ne peut qu'y gagner. Mais la tentation vient bien naturellement au maitre de communiquer chaque année aux étudiants son supplément de science, et c'est ainsi que, malgré la stabilité des programmes officiels, les cours s'étendent de plus en plus. Les notions deviennent des éléments, les éléments des traités, et les traités des encyclopédies.

Nous sommes heureux de voir que trois professeurs d'universités différentes, le Dr Gad de Berlin, le Dr Heymans de Gand et le Dr Masoin de Louvain n'ont pas cédé à cette tendance.

Dans le traité de physiologie humaine qu'ils viennent de publier, ils ont eu moins souci de leur réputation de savants, suffisamment établie sans doute, que de l'intérêt de leurs élèves. Ils ont élagué de l'ouvrage tout ce qui était pure érudition, et se sont astreints à ce qui était absolument requis pour expliquer le mécanisme des fonctions de la vie végétative et de la vie sensitive.

Mais s'ils ont écarté les hypothèses non consacrées par l'expérience et destinées à disparaitre aussi vite qu'elles ont été

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